Entamé en 2010, le rebond de l'activité industrielle se sera heurté en 2011 au choc de la crise de la zone euro. En moyenne, la production manufacturière aura tout de même progressé de 3,8 %, preuve d'une certaine résistance. Mais l'année s'achève par un recul de 1,4 % en décembre.
Les espoirs de sortie de crise se sont heurtés au choc des dettes souveraines. Entamé en 2010, le rebond de l'activité industrielle s'est étiolé tout au long de l'année 2011, au point de se solder par un recul très net de la production manufacturière en décembre (- 1,4 % sur un mois), bien supérieur aux attentes des économistes. « Après un 1er trimestre exceptionnel lié aux effets de traîne de la fin de la prime à la casse, un rattrapage ponctuel de certains secteurs et une reconstitution de stocks, les perspectives des industriels se sont fortement dégradées à partir de l'été, la crise européenne nourrissant de fortes incertitudes », résume Jean-François Ouvrard, chef de la division Synthèse conjoncturelle de l'Insee.
En moyenne, la production manufacturière a tout de même augmenté de 3,8 % l'an dernier (+ 4,4 % en 2010). « L'industrie reste convalescente mais n'a pas surréagi au retournement conjoncturel car elle a trouvé des relais de croissance en dehors de la zone euro » , indique Denis Ferrand, directeur général de COE-Rexecode.
Cette résistance est toutefois bien loin d'effacer les stigmates de la récession de 2008-2009. La production manufacturière est toujours inférieure de 11 % à son plus haut du printemps de 2008, tandis que l'Allemagne a, elle, retrouvé son niveau d'avant-crise (lire l'encadré).
Tout les secteurs n'ont pas été logés à la même enseigne : dans la foulée de la reprise de l'investissement des entreprises, la production de machines et équipements a rebondi en moyenne de 5,5 %. Et si 2012 s'annonce difficile pour l'automobile, l'activité y a bien résisté l'an dernier (+ 3,6 %), tirant avec elle la métallurgie (+ 4,1 %). Rare secteur à avoir récupéré son niveau de 2008, la chimie a rebondi de 5,9 % en moyenne. Inversement, l'année n'a pas été bonne pour la production hexagonale de textile-habillement (- 2,1 %) et même de produits pharmaceutiques (- 1,7 %). Preuve du retournement de fin d'année, tous les secteurs manufacturiers sont en recul en décembre, à l'exception de la cokéfaction -raffinage. Sur l'ensemble du 4e trimestre, la production a diminué de 0,5 %, ce qui est moindre qu'anticipé par l'Insee (- 1,1 %). La plupart des économistes y voient le scénario d'une très légère contraction du PIB au 4e trimestre conforté.
L'Insee rendra son verdict mercredi. Et « conformément aux dernières enquêtes Insee et PMI, nous pouvons attendre de nouveaux reculs de l'activité manufacturière dans les prochains mois » , prévient Amélie de Montchalin, économiste chez Exane-BNP Paribas.
L'Allemagne se prépare déjà au rebond