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L'industrie investit en dépit du coup de frein de l'activité

Les Echos - 10/02/2012
par FREDERIC SCHAEFFER

Les chefs d'entreprise interrogés en janvier par l'Insee prévoient d'augmenter de 7 % leurs investissements cette année. Mais les projets sont surtout défensifs.

La perte du triple A et le coup de frein de l'activité ne font pas paniquer les industriels. Pour preuve, les chefs d'entreprise interrogés en janvier par l'Insee prévoient d'augmenter de 7 % leurs investissements cette année. Après une progression qu'ils estiment à 10 % en 2011, l'investissement resterait donc « dynamique » , juge l'institut statistique. Le message envoyé par les industriels est rassurant : après avoir décidé de modérer leurs projets de dépenses suite au choc de la crise européenne l'été dernier, ils n'ont pas bouleversé leur plan de marche en fin d'année. Ils ont peu révisé (- 1 point) leurs estimations pour 2011 émises en octobre et ont même relevé de 3 points celles pour 2012.

Ces déclarations d'intention sont à relativiser. Même s'ils sont effectivement réalisés, ces investissements ne suffiront toujours pas à rattraper le niveau d'avant-crise. En 2009, l'investissement manufacturier avait chuté de 21 %.

Lâcher du lest

En outre, les dépenses envisagées ne cherchent pas à répondre à une demande plus forte. L'appareil de production étant loin d'être sous tension, « les investissements sont principalement contraints et défensifs », constate Benoît Heitz, économiste à la Société Générale. 28 % sont destinés à du renouvellement, 23 % à un besoin de modernisation et 22 % à répondre à des impératifs de sécurité, de réglementation environnementale ou d'amélioration de conditions de travail. Après avoir taillé dans leurs dépenses, les industriels n'ont d'autres choix que de lâcher du lest pour ne pas insulter l'avenir.

Autre preuve de prudence, les industriels prévoient une croissance plus modérée de leur investissement au premier semestre qu'au second de 2011. « C'est cohérent avec notre scénario d'un investissement des entreprises pénalisé par la détérioration des perspectives d'activité et des conditions de financement » , indique Jean-François Ouvrard à l'Insee. La branche manufacturière représente un quart de l'investissement productif.

Loin de coller à une stratégie de conquête, les projets de dépenses sont également loin de coller à un scénario de forte récession. Pour mémoire, les industriels anticipaient une contraction de 11 % de leurs investissements début 2009. Aujourd'hui, ils donnent surtout le sentiment de se préparer à plusieurs mois d'activité atone.

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