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La croissance sous 7 % en Inde

Les Echos - 13/02/2012
par PATRICK DE JACQUELOT

Le gouvernement envisage désormais une croissance de 6,9 % pour l'exercice 2011-2012, très en dessous des 9 % espérés il y a un an.

La croissance indienne pourrait chuter sous la barre des 7 % pour l'année budgétaire en cours 2011-2012 (à fin mars), en s'établissant à 6,9 % contre 8,4 % durant l'exercice précédent : c'est ce qu'a annoncé le gouvernement indien mardi dernier. C'est la première fois que les autorités reconnaissent que la croissance ne devrait pas atteindre les 7 %, ce que disent bon nombre d'économistes depuis un moment déjà. A 6,9 %, la hausse du PIB retomberait quasiment au niveau des 6,8 % enregistrés en 2008-2009, au pire de la crise financière mondiale.

Le secteur minier en recul

Ce ralentissement touche l'ensemble de l'économie. Selon les prévisions officielles, l'industrie serait actuellement sur une croissance de 3,9 %, contre 7,6 % l'année dernière. Plus spectaculaire encore, le secteur minier serait en recul de 2,2 %, après une croissance de 5 % voici un an, reflétant les problèmes liés aux achats de terres, à la réglementation environnementale et à des affaires de corruption. L'agriculture devrait afficher une croissance de 2,5 % seulement, après 7 % un an auparavant, une contre-performance inquiétante dans la mesure où elle pourrait se répercuter sur la consommation des 60 % d'Indiens qui vivent dans le monde rural.

Le coup de frein est donc brutal. Voici moins d'un an, le gouvernement affichait un objectif de 9 % de croissance pour 2011-2012. Mais, depuis, les déconvenues se sont multipliées. « 2011 aura été une année d'occasions ratées, la paralysie politique et des problèmes domestiques (taux d'intérêt élevés, infrastructures insuffisantes) combinés au ralentissement global » ont fait chuter la croissance, analyse Citibank, qui souligne que « la plupart des investisseurs semblent tabler sur une fourchette de 6 à 7 % » pour les une ou deux années à venir.

Un élément inquiète particulièrement : la chute de l'investissement qui résulte, souligne Citibank, « du manque de charbon et de gaz, des taux d'intérêt élevés, des problèmes d'achats de terre et d'autorisations environnementales et de l'absence d'annonce de gros projets gouvernementaux » . Dans ce contexte, le moral des chefs d'entreprise est au plus bas : selon le baromètre de la Confederation of Indian Industry, il est tombé au dernier trimestre 2011 à 48,6, contre 66,2 un an plus tôt, son plus bas niveau depuis de nombreuses années. L'organisation patronale Ficci a appelé le gouvernement à agir.

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