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Alkopharm dans le collimateur de la sécurité sanitaire

Les Echos - 21/02/2012
par STEPHANE FRACHET

Suspendue par l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments et des produits de santé (Afssaps), l'usine Alkopharm de Blois risque de fermer.

L'usine Alkopharm de Blois (Loir-et-Cher) est sous le coup d'une sanction de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments et des produits de santé (Afssaps), qui lui a interdit toute commercialisation depuis le 20 janvier, et toute production à compter du 20 avril. A l'origine de cette situation, un conflit entre Genopharm, une autre filiale du groupe Pharminvest (70 millions d'euros de chiffre d'affaires, 210 salariés), auquel appartient Alkopharm, et un fournisseur, l'allemand Riemser. Une enquête des autorités du médicament en France et en Suisse a montré que les lots de l'anticancéreux Thiotepa, produit par l'allemand et vendu par le français, étaient sous-dosés, et que des lots périmés avaient même été commercialisés avec des dates falsifiées. Les deux parties se renvoient la balle et une instruction est en cours devant les tribunaux des deux pays. Le 18 novembre 2011, l'Afssaps excluait la toxicité et le risque pour la santé mais a sanctionné Genopharm, implanté à St Thibault-des-Vignes (Seine-et-Marne), pour ces errements dans la commercialisation du Thiotepa. L'Afssaps a étendu ses investigations à d'autres médicaments du groupe, ceux d'Alkopharm à Blois. Après la découverte d'irrégularités dans les mises à jour de la documentation de plusieurs produits, l'autorité du médicament a suspendu le site blésois fin décembre.

« Négligence administrative »

« Nous produisons des médicaments de niche en petites séries, que les grands laboratoires ne veulent pas faire, plaide Valéry Monin, gérant de Pharminvest. Nous changeons parfois de fournisseurs sur certaines matières premières et les mises à jour documentaires n'ont pas toujours été faites. C'est une négligence administrative de notre part, mais aucun patient n'a été mis en danger. » Sans doute échaudée par les scandales du Mediator et des prothèses PIP, l'Afssaps a appliqué la réglementation stricto sensu. Conséquence : un manque de suivi administratif risque de se transformer en mise à mort d'une usine de 70 salariés, qui produit une trentaine de médicaments. Alkopharm a déposé de nouvelles demandes accompagnées des documentations correctement mises à jour. « Si nous n'obtenons aucune autorisation avant le 20 avril, date de l'interdiction totale de produire, nous serons contraints de fermer le site. Des clients nous ont déjà quittés et le manque à gagner s'élève à 15 millions d'euros » , déplore Valéry Monin.

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