L'ancien dirigeant d'ERCEA a repris les deux griffes Ulysse Pila et Reynaud Rexo, dont les collections 2013 seront présentées au salon Première Vision.
Christophe Jacques, le patron de la nouvelle société lyonnaise Ulysse Pila, est convaincu que les étoffes françaises ont encore un avenir. L'ancien dirigeant d'Ercea International, une société dont il a cédé il y a deux ans la totalité des titres au groupe textile rhônalpin Deveaux, a déboursé 160.000 euros pour acheter fin décembre dernier à la barre du tribunal de commerce Ulysse Pila et Reynaud Rexo, deux marques emblématiques de tissus pour l'habillement féminin appartenant précédemment à la société Reynaud Rexo, dans la Loire, en liquidation judiciaire.
Ce professionnel les relance avec huit salariés : deux stylistes, deux personnes à l'échantillonnage, trois commerciaux et une comptable. «Et nous allons rapidement élargir l'équipe pour nous enrichir de compétences supplémentaires», précise-t-il. Il sera présent la semaine prochaine au salon Première Vision à Paris avec quelque 400 modèles pour les collections printemps/été 2013.
Les deux griffes historiques sont réputées pour les taffetas et les mousselines. En soie pour Ulysse Pila, dont les racines remontent à 1867 et qui fournit les grands noms français de la couture et haute couture et les créateurs. En polyester pour Reynaud Rexo, dont les étoffes s'adressent au prêt-à-porter traditionnel. Pour fabriquer les tissus qu'elle dessine et conçoit, l'entreprise nouvellement constituée fait appel à des industriels rhônalpins : TAG/Hugo Soie à Fourneaux dans la Loire et Senszo, dans le Rhône, pour toute la partie ennoblissement (teinture, impression). Les Tissages de Charlieu, dans la Loire, pour le tissage. Dans ce domaine, il s'appuie également sur des italiens de la région de Côme. Pour la suite, si les affaires marchent comme il l'espère, Christophe Jacques n'exclut pas de se doter d'outils de production en propre.