Pour l'emporter, les groupements en lice font valoir la production locale de turbines, de fondations et, éventuellement, de navires spéciaux.
les candidats à l'appel d'offres sur l'éolien offshore en France rivalisent d'implication dans le tissu industriel, conscients que le choix qui sera confirmé en avril se fera à 40 % sur la création d'une filière industrielle française.
Ainsi, le consortium Iberdrola Eole Res, associant Areva pour les turbines, Technip et Neoen Marine, annonce que le chantier naval STX France fabriquerait la totalité de ses fondations de type jacket (structure métallique semblable à un derrick) ainsi que deux sous-stations, s'il obtient les champs de Saint-Brieuc et de Saint-Nazaire. Ce marché représente 196 jackets de plus de 500 tonnes à réaliser. STX France devrait alors mettre en place une capacité de production de 50 unités par an. Selon Iberdrola, une telle activité mobiliserait 600 à 700 salariés chez STX France sans parler des sous-traitants. Iberdrola dit avoir aussi consulté l'ex-Chantiers de l'Atlantique sur ses projets anglais. Le groupe doit installer 1.440 éoliennes outre-Manche. Le consortium fait aussi savoir qu'il ferait construire, pour les deux champs qu'il convoite, ses 6 petits bateaux de servitude dans des chantiers régionaux.
Egalement candidat à Saint-Nazaire et Saint-Brieuc, mais aussi à Fécamp et Courseulles, le consortium mené par EDF EN, associant Alstom, le danois Dong, Nass & Wind et WPD Offshore, mentionne aussi des discussions avec STX France pour des navires de pose. Mais rien n'est décidé. Ce groupement a renoncé aux jackets pour des monopieux, qui seront fabriqués à Cherbourg et Saint-Nazaire ainsi que des fondations en béton, produites au Havre et à Brest. Le groupement a retenu les ports du Havre, de Cherbourg et de Brest comme bases de pré-assemblage et d'installation en mer. Fécamp, Ouistreham, Saint-Quay Portrieux et La Turballe accueilleraient des bases d'exploitation et de maintenance, avec plus de 100 emplois permanents sur chacune.
L'appel d'offres est aussi une bataille de « turbiniers ». Areva fait valoir sa M5000 de 5 MW qui tourne sur le site allemand d'Alpha Ventus. Elle est fabriquée en Allemagne mais une usine est prévue au Havre pour fournir les marchés français. De son côté, Siemens a dit qu'il construirait une usine en France s'il est retenu à Saint-Brieuc. A Montoir, près de Saint-Nazaire, Alstom a fermement décidé l'implantation d'une usine d'alternateurs et d'une autre pour l'assemblage de nacelles Haliade 150, soit 40.000 à 50.000 mètres carrés d'usine. L'industriel vante un modèle de 6 MW. Les pales seront faites à Cherbourg. Le premier exemplaire est en test et la production en série est prévue dès 2014. Pour ces fabricants d'éoliennes, l'enjeu de tels investissements est de fournir également les marchés britanniques et d'Europe du Nord estimés à près de 70 gigawatts d'ici à 2030, contre 3 gigawatts (3.000 mégawatts) pour le premier appel d'offres français.