Orange ProProfessionnels  |   actualité économique

régions

 - basse normandie

imprimer - + zoomer  

Les élus et l'Etat s'opposent sur le sort du Haras du Pin

Les Echos - 23/02/2012
par PHILIPPE LEGUELTEL

Candidats à la reprise du Haras national, propriété de l'Etat, région et département sont opposés à la cession de sa rentable activité d'étalonnage au secteur privé.

Au coeur du département de l'Orne, le « Versailles du cheval » est en émoi. D'habitude paisible, le Haras du Pin, haut lieu de l'élevage équin français, bruisse de rumeurs. Comme les autres établissements engagés dans la réforme des Haras nationaux, l'avenir du plus célèbre d'entre eux se pose avec plus de tumulte.

A son chevet et aux côtés de l'Etat, les collectivités (Conseil général de l'Orne et Conseil régional de Basse-Normandie) sont prêtes, depuis... 2008, à prendre le relais, sous la forme d'un syndicat mixte. Il devait même être créé lors de ce premier semestre 2012, associant désormais l'Institut français du cheval et de l'équitation (IFCE), regroupement des Haras nationaux et de l'Ecole nationale d'équitation. Afin de « développer et garantir le devenir du Pin » , le projet intégrera le tourisme, la formation, le patrimoine et le développement économique d'un domaine vaste de 850 hectares.

Pour un transfert intégral

Mais la cession par le GIP France Haras de la rentable activité d'étalonnage (patrimoine génétique, reproduction, identification...), la base du métier des Haras nationaux, a provoqué la colère des acteurs locaux. « Le 3 novembre dernier, un comité de pilotage a entériné le principe du transfert intégral du domaine au syndicat mixte. Vendre ce centre technique est une rupture du contrat moral. Les élus n'accepteront jamais que ces bâtiments soient mis à disposition ou, pis, vendus à des candidats privés à la reprise de cette activité » , proteste Alain Lambert, président centriste du Conseil général de l'Orne et ex-ministre du Budget, dans un courrier adressé au ministre de l'Agriculture le 14 février dernier.

Sur la même longueur d'onde, François Dufour, vice-président (EELV) du conseil régional, s'inquiète aussi : « Rien n'a été fait par l'Etat pour une transition organisée. Oui pour développer le Pin mais encore faut-il qu'il y ait de l'activité. »

Au coeur de la polémique, France Haras se défend. « L'Etat a décidé de se retirer des activités d'étalonnage, concurrentielles et nous a confié la privatisation de ces centres techniques. Soit ils sont transférés, soit ils seront fermés. S'il y a un bon projet, pourquoi pas ? » , réagit Geneviève de Sainte Marie, directrice générale par intérim de France Haras. « Si l'on veut prendre le relais de ce service public de l'Etat, il faut que la filière s'organise et oublie le chacun pour soi. L'idée est de créer une Société coopérative d'intérêt collectif (SCIC), dont les statuts seront déposés dans le mois qui vient, ouverte à tous » , expose Philippe Martin, président de l'Association des éleveurs du Pin (Adep). En 2014, le Haras du Pin accueillera des épreuves des Jeux équestres mondiaux et fêtera en 2015 son 300e anniversaire. Mais sous quel statut ?

publicité

parcourir orange.fr