Professionnels  |   patrimoine & vie privée

assurance

imprimer - + zoomer  

Assurance auto : la hausse des tarifs va s'accélérer

Les Echos - 05/08/2010
par GERALDINE VIAL

Après cinq années de baisses de tarifs, les primes risquent d'être reparties à la hausse pour au moins trois ans, conséquence d'une reprise de la sinistralité. On évoque 3 % à 5 % de hausse pour 2011... mais la concurrence devrait jouer.

Cela risque de faire partie des mauvaises surprises de la rentrée. Après avoir roulé tout l'été, les conducteurs vont progressivement prendre conscience que leur assurance auto va de nouveau leur coûter plus cher. Des hausses de tarifs moyennes de 3 % à 5 % sont évoquées pour 2011. Les effets sur la facture varieront sensiblement d'un assureur et d'un assuré à l'autre. Pour mémoire, la prime moyenne pour un quatre roues est de l'ordre de 450 euros HT.

L'inflexion a en réalité même déjà eu lieu. Dès le début de l'année, le comparateur Assurland constatait une hausse de son indice des prix en assurance automobile des particuliers (Ipap), qui se situait à + 4 % en rythme annuel en avril, et à + 1,2 % en juillet. Quant au chiffre d'affaires de l'assurance auto, il était en hausse de 2 % à fin mai, selon la Fédération française des sociétés d'assurance (FFSA) - et même de 5 % chez AXA France sur le premier semestre -, reflet direct de ces premières corrections tarifaires.

Ces hausses de prix ne s'expliquent pas par un nombre d'accidents plus élevé. Le bilan à mi-année de la Sécurité routière est plutôt bon : après une année 2009 difficile, au premier semestre 2010, le nombre de tués sur les routes (1.786) a reculé de 10,6 % par rapport à la même période de l'an dernier, tandis que le nombre de blessés et d'accidents corporels diminuait de 18,1 % et 15,3 % respectivement.

Si tout porte à croire que ç'en est fini des baisses de tarifs en assurance auto, généralisées entre l'été 2004 et début de 2010 - sur la période, la prime moyenne a diminué de 0,5 % à 1 % par an, avec un effet souvent plus important sur la facture, par le jeu du bonus-malus et des avantages aux bons conducteurs -, c'est donc pour d'autres raisons. Ce retournement de tendance a une explication très simple : les assureurs, qui gagnent moins d'argent en assurance auto, ont besoin de se refaire après une très mauvaise année 2009. Le ratio combiné, indicateur phare de la profession (sinistres et coûts rapportés aux primes) a pris 7 points l'an dernier, pour s'établir à 109 %, le pire niveau depuis 1998.

Trois explications avancées

Trois éléments précis sont avancés. Un, le secteur a payé l'an dernier un lourd tribut aux événements climatiques (tempêtes Klaus et Quinten, grêle...), ce qui a accru la demande de réparations. Deux, avec la baisse du prix de l'essence, les gens ont plus roulé (trafic en hausse de 4 % à 5 % en 2009). Trois, les comportements se sont relâchés, les conducteurs respectant moins les limitations de vitesse. Résultat, plus d'accidents avec dégâts matériels (+ 2 % en 2009), et un moindre recul des accidents corporels (- 1 %, contre une baisse de 5 % sur 2008). Parallèlement, l'inflation du coût moyen des réparations (+ 3 % à + 4 % par an) ainsi que du coût des corporels graves (multiplié par trois en dix ans) s'est poursuivie.

Le problème est que 2010 ne s'annonce pas meilleure. « Tous les indicateurs restent au rouge », constate la FFSA. Ce que les assureurs disent peu, c'est qu'ils ont aussi moins de marge de manoeuvre. Dans l'environnement actuel de taux d'intérêt bas, leurs résultats financiers sont réduits. Et ils disposent de moins de réserves sur les années antérieures, susceptibles d'être reprises pour lisser les résultats.

Dans ce contexte, on serait donc reparti pour au moins trois ans de hausse des tarifs. Objectif des assureurs : revenir à l'équilibre, soit 100 % de ratio combiné. Dans la profession, on évoque ainsi 8 % à 9 % de hausse étalées sur trois ans, avec dans l'idéal, 3 % à 5 % l'an prochain. Concurrence oblige, les augmentations pourraient bien rester dans des proportions plus raisonnables. « On augmentera les tarifs, mais progressivement, confirme un assureur. Les baisses de sinistralité sont toujours répercutées plus vite dans les tarifs que les hausses. Cela dit, si les tarifs doivent remonter, ils remontent ! » .

Un autre phénomène devrait jouer : l'émergence des comparateurs. Ces acteurs d'un genre nouveau sophistiquent la tarification et atténuent les traditionnels effets de cycle. Et ils donnent accès à des acteurs 100 % Internet, dont les structures de coûts sont plus légères. Autant d'économies répercutées sur le consommateur, surtout s'il est bon conducteur.

publicité

parcourir orange.fr