« Paris fait la course en tête », titre le « Financial Times ». Pour la sixième année consécutive, HEC vient d'être sacrée « meilleure business school européenne » par le quotidien britannique. S'il ne constitue pas une surprise, ce résultat est d'autant plus important que les « rankings » que publie régulièrement « FT » sont un outil très utilisé tant par les recruteurs que par les étudiants -sans parler des institutions elles-mêmes. Y figurer en bonne place permet donc de bénéficier d'une réputation flatteuse dans le monde académique. Et de pouvoir ainsi recruter des professeurs internationaux de renom et attirer des étudiants brillants. Autrement dit, un bon classement contribue largement à engager -ou entretenir -une « spirale positive », dont l'école de Jouy-en-Josas a largement bénéficié ces dernières années.
Le dernier palmarès du « FT » est également d'autant plus probant qu'il est la synthèse de cinq classements antérieurs de cette année : ceux des MBA « full time », des « Executive MBA » (à temps partiel), des masters et de l'« Executive Education » (séminaires confectionnés sur mesure pour les entreprises et programmes inter-entreprises). Une sorte de « classement général, en quelque sorte. HEC l'emporte notamment grâce à ses premières places dans les EMBA et pour les séminaires sur mesure. Elle est également bien placée pour les masters (3ème) et pour les cursus inter-entreprises (4ème). En revanche, les salaires de ses diplômés MBA apparaissent comme un relatif point faible. L'école récolte aussi les fruits de sa présence sur la totalité de la gamme des programmes, des masters au doctorat et à la formation des dirigeants. Bernard Ramanantsoa, le directeur général, s'il se réjouit de cette performance, a cependant coutume de se montrer prudent : « Bien sûr, un bon classement contribue à notre notoriété, et nous nous en réjouissons, indique-t-il. Mais nous savons que le suivant peut nous être moins favorable. Et cela ne change rien à notre stratégie. »
C'est une autre école de l'Hexagone qui arrive en deuxième position : l'Insead grappille cette année une place pour devancer la London Business School (3ème). L'école de Fontainebleau (et de Singapour) se distingue notamment par la qualité de ses MBA, le « full time » (classé 2ème) et l'« Executive » (4ème). Quant à l'Essec, elle décroche la 10ème place, progressant ainsi de quatre rangs par rapport à 2010. Alors que l'ESCP-Europe cède cinq places, passant cette année à la 12ème. L'ESCP-Europe est avantagée par sa seconde place au titre des masters, mais freinée par son EMBA (12ème) et son absence au classement des MBA « full time ». Dans les dix premières écoles, on constate également la forte présence espagnole, avec trois institutions dans les dix premières : l'Iese, qui effectue un bond de cinq places pour se hisser à la quatrième, l'IE (Instituto de Empresa), classé 6ème, et l'Esade (7ème).
Les autres business schools de l'Hexagone connaissent des fortunes diverses. Au total, 18 d'entre elles figurent dans le palmarès du « FT » sur 75 -soit près d'un quart des institutions classées. Parmi les changements notables, on note les reculs d'EM Lyon (classée 20ème, après une 10ème place en 2010) : l'école lyonnaise est pénalisée par la 29ème place de son MBA et son absence du palmarès au titre des EMBA. De son côté, Grenoble EM (29ème) recule de deux places, et de l'Edhec (32ème) perd sept places, alors qu'Euromed-Marseille ((35ème) progresse de quatre places. Enfin, une dizaine d'institutions de l'Hexagone (ESC Toulouse, Audencia, Rouen Business School...) naviguent à partir de la cinquantième place. Mais ces écoles ne figurent dans ce classement général qu'au titre de leur cursus master.
Reste que la compétition devient de plus en plus rude entre les business schools européennes. D'autant que de nouveaux compétiteurs font leur entrée année après année. C'est le cas de plusieurs business schools allemandes, mais aussi de Skema (Lille et Nice) et de l'IAE d'Aix-en Provence. Le « Financial Times » souligne par ailleurs un paradoxe : alors que l'un des principaux points forts des écoles européennes (et françaises) par rapport aux institutions nord-américaines et asiatiques réside dans leur internationalisation, celles-ci risquent aujourd'hui de perdre cet avantage compétitif à cause des restrictions imposées dans plusieurs pays d'Europe à l'octroi de visas de travail aux diplômés étrangers. Une critique implicite de la « circulaire Guéant » et des mesures équivalentes adoptées par d'autres pays européens -la Grande-Bretagne, notamment.
| Le classement 2011 du « Financial Times » | |||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 HEC Paris | |||||||
| 2 Insead | |||||||
| 3 London Business School | |||||||
| 4 Iese (Espagne) | |||||||
| 5 IMD (Suisse) | |||||||
| 6 IE (Espagne) | |||||||
| 7 SDA Bocconi (Italie) | |||||||
| 7 Rotterdam School of Management (Pays-Bas) | |||||||
| 7 Esade (Espagne) | |||||||
| 10 Essec | |||||||
| 10 Oxford : Said (Royaume-Uni) | |||||||
| 12 ESCP-Europe | |||||||
| 12 St-Gall University (Suisse) | |||||||
| 20 EM Lyon | |||||||