Avec 2,3 millions de salariés, l'économie sociale se caractérise par des revenus moyens assez faibles mais mieux répartis entre tout le personnel.
Alors que les écarts de salaires n'ont jamais été aussi élevés dans le secteur privé, une étude de l'Insee (1) met en lumière la modération dont fait preuve l'économie sociale. Ce secteur, qui regroupe à la fois les associations, les coopératives, les mutuelles et les fondations, est loin d'être négligeable sur le plan quantitatif puisqu'il regroupe 10 % des salariés, soit 2,3 millions de personnes. En moyenne, ces salariés gagnent 16 % de moins que leurs homologues du privé en équivalent temps plein, et 7 % que ceux du public.
Une différence qui est surtout vrai pour les associations (1,8 million de salariés) dont l'emploi est majoritairement féminin (69 %), avec très peu de cadres et implanté dans des secteurs à faible rémunération (action sociale, animation culturelle...). Le salaire brut moyen annuel dans les associations s'élève à 26.320 euros, alors qu'il est de 33.710 dans le privé.
A côté de cette modération salariale, le secteur se caractérise aussi par un écart beaucoup plus faible entre les rémunérations les plus élevées et les plus basses. « En 2009, 10 % des salariés de l'économie sociale gagnent moins de 8,8 euros bruts de l'heure et 10 % gagnent plus de 24,2 euros, notent les chercheurs de l'Insee. Le rapport entre ces deux seuils, indicatif de la dispersion des salaires, est plus faible dans l'économie sociale (2,7) que dans le privé (3,1) » .
Un secteur fait exception à ces constations, celui de la santé. Les salariés associatifs y touchent 20 à 30 % de plus que ceux du privé et du public, notamment parce qu'ils occupent des emplois plus qualifiés dans les hôpitaux, les établissements de soins mais surtout les centres de recherche comme l'Institut Gustave Roussy de Villejuif qui fait partie du secteur associatif.
Les coopératives et les mutuelles se rapprochent davantage du privé, en particulier les coopératives bancaires et les mutuelles d'assurance. Dans le commerce alimentaire par exemple, les coopératives versent même de meilleures rémunérations moyennes que le privé.
(1) « L'échelle de salaires est resserrée dans le secteur de l'économie sociale », Insee Première, février 2012