Entre 150 et 200 sidérurgistes ont envahi lundi matin les locaux de la direction d'ArcelorMittal à Florange, avec l'intention de s'y maintenir tant que l'entreprise n'aura pas annoncé le redémarrage des deux hauts-fourneaux.
Les salariés d'ArcelorMittal de Florange en Moselle, ont occupé lundi les locaux de la direction de l'usine, déterminés selon leurs syndicats à obtenir des engagements des pouvoirs publics pour «assurer la survie du site».
Les salariés, qui avaient annoncé en fin de semaine dernière leur intention de passer à l'action, ont trouvé les locaux vides et se sont installés dans la salle de réunion jusqu'à nouvel ordre. Leur coup de colère fait suite à l'annonce, mardi dernier, que les deux hauts-fourneaux arrêtés ne redémarreraient pas au deuxième trimestre . Un comité central d'entreprise doit officialiser l'information jeudi à Paris.
Répondant à l'appel d'une intersyndicale CFDT-CGT-FO-CFE/CGC, entre 150 et 200 métallurgistes casqués ont pris possession des «grands bureaux» de l'usine vers 08H00 au cri de «Mittal, on veut travailler», a constaté un journaliste de l'AFP.
«Que les candidats (à la présidence de la République, ndlr) qui affirment aimer les usines s'engagent pour assurer la survie du site», a renchéri le responsable de la CFDT, Edouard Martin, en promettant «au moins une action par semaine jusqu'au 6 mai», date du 2e tour de l'élection présidentielle. «L'Etat a sauvé les Lejaby. Il doit intervenir pour nous», a poursuivi le responsable FO, Walter Broccoli. «Si Mittal ne veut plus de Florange, qu'il s'en aille... Mais il est hors de question qu'il démantèle l'usine. Nous ne le laisserons pas faire», a poursuivi, l'air très déterminé, le syndicaliste.
En fin de matinée, des tentes commençaient à être dressées sur les pelouses de l'usine pour «officialiser» l'occupation, a expliqué Jean Mangin, responsable de la CGT. «Ce sera le village de la résistance où les ouvriers pourront venir parler, s'exprimer sur leur lutte et défendre leur outil de travail», a-t-il ajouté.
Cette occupation constitue la première étape du «cauchemar» promis par les syndicats au gouvernement après que la direction d'ArcelorMitall a annoncé, la semaine dernière, que les deux hauts-fourneaux du site ne redémarreraient pas au deuxième trimestre.
Pour les syndicats, cette décision annoncerait la «mort programmée du site» où travaillent quelque 5.000 personnes, dont 3.000 en CDI. ArcelorMittal, qui a décidé récemment la fermeture définitive de hauts-fourneaux à Liège (Belgique) et Madrid, assure au contraire qu'en Lorraine il ne s'agit que d'une mise en veille temporaire rendue nécessaire par une demande insuffisante.